Je viens d'entendre sur YouTube un témoignage qui déforme complètement la définition du HPI. C'est un témoignage erroné parmi tant d'autres. C'est à se demander si ces personnes sont des acteurs et actrices qui servent à capter de l'audimat en carressant l'épaule à tous ceux et toutes celles qui se trouveront des points communs. Tentation facile dans cette société qui nous fait glisser vers le narcissisme et l'immaturité.
Voici les erreurs véhiculées bien souvent :
"Je suis hypersensible donc je suis HPI/HPE"
"Mon cerveau tourne sans cesse, c'est fatigant, je veux que ça s'arrête... c'est mon HPI...".
C'est faux ! Le mental en surcharge n'est que le signe de l'anxiété ou d'une névrose. HPI ne veut pas dire "trop de pensées qui me fatiguent" ou bien "trop de pensées désordonnées qui ne servent à rien". Au contraire ! La joie de la pensée...
Par la nature même de la personne, elle ne peut pas se dissocier d'elle-même en disant qu'elle n'aime pas le fonctionnement de son cerveau, sa pensée donc elle-même. Ce serait insensé.
Le HPI représente en fait des capacités plus élevées d'efficacité pour résoudre des problèmes de logique, pour organiser, planifier, réaliser des tâches intellectuelles, imaginer des concepts, mémoriser. Selon les personnes, il y a bien-sûr des divergences, certaines sont plus performantes que d'autres, par exemple sur des représentations spatiales, du calcul mental, la mémoire, ou autre. Des faiblesses existent aussi puisqu'il ne s'agit pas d'être infaillible.
Mais en quoi est-on spécial quand on calcule vite, par exemple ? Il suffit de s'entraîner. On ne peut pas ignorer que le milieu culturel de l'individu détermine des possibilités ou l'exigence de développer telle ou telle aptitude par nécessité. En biologie, on connaît le principe d'évolution par nécessité.
Le HQI est-il inné et réservé seulement à une très mince partie du monde ? C'est un long débat qui exige beaucoup de recherche honnête.
Il y a très certainement un "mode de pensée", sans parler du résultat que l'on peut obtenir dans ces exercices qui détermineront un "état" intellectuel et scolaire.
Outre la vitesse de traitement d'informations, il y a la possibilité de grands développements sur des questions ontologiques, scientifiques, etc. Ou bien des visions esthétiques, artistiques. Et ce n'est pas nécessairement le lot de tous ceux qui atteignent à peu près 130 et plus.
Néanmoins, nous pouvons être assurés des joies de la pensée. Tout un monde riche et intense !
En ce qui concerne les qualités humaines, les problèmes sont communs à tous, notamment les travers comportementaux et les passions déréglées. Un HPI peut être idiot parfois, rigide, entêté, tête en l'air, menteur. En terme de cognition, il peut avoir des troubles dys-, un TDA, un TDAH, de l'autisme, etc. Mais c'est loin d'être une généralité. Contrairement aux clichés, TDAH et dys- n'indiquent pas de profil HQI.
Quant aux troubles psychologiques et psychiatriques, en dépit du QI de l'individu, il peut être dépressif, mélancolique, schizo, parano, bipolaire, immature, hyper narcissique, etc. Mais ce n'est pas induit par le HPI.
Quand il y a un déséquilibre psychique, il faut plutôt observer son histoire individuelle et sa coopération avec le flux vital propre à la Nature, force vitale qui s'exprime de manière fluide, joyeuse et enthousiaste, et non morcelée. La vie est un Oui entier, elle n'est pas un ping pong conflictuel entre un oui et un non vis à vis de notre état de vie, tel un bipolaire le ferait sans savoir pourquoi. Et c'est par ailleurs pourquoi la force de vie est déréglée, prise entre les accès de mélancolie et les humeurs un peu trop hautes en couleur.
Je pense alors à la théorie de l'élan vital d'Henri Bergson. Cet élan vital, quand il a la chance de n'être pas stoppé par une entité comme le rejet ou le déni par exemple, assure la santé psychique. Ça commence par un acquiescement à ce contact instinctif avec la vie telle qu'elle est, en soi et autour de soi. Consentir entièrement à être soi, en vie, c'est coopérer avec l'élan vital qui a un caractère universel.
Pour revenir sur les troubles associés au HPI, j'ai émis une réfutation.
On entend dire parfois que folie et génie sont corrélés. Mais le HPI n'est pas la même chose qu'un génie. Il ne s'agit pas de la même catégorie. Rappelons-le, le HPI est quelqu'un qui a réussi une performance à des exercices. Et parfois c'est un peu plus que cela.
Encore une fois, HPI ne veut pas dire "complexé" ou "stressé de la vie". Il peut s'ennuyer et n'être pas à sa place, certes, mais il est plein de ressources donc il finit par trouver des solutions pour rectifier ce qui ne lui convient pas.
Alors il n'est pas évident qu'il se plaigne toute la vie d'être sous le joug de l'anxiété, vu ses ressources justement. Voyez la théorie de la désintégration positive de Dabrowski... C'est brillant.
Enfin, les frustrés compensent leurs échecs par cette étiquette HPI qui leur semble utile. À défaut d'avoir la performance du HPI, il se dit HPE (haut potentiel émotionnel). Il n'est pas rare que ce besoin indique le complexe de supériorité par compensation à une situation d'infériorité jusque là insurmontable. Ainsi il n'est pas étonnant que ces individus prennent un ton un peu dur et condescendant.
Les travaux du brillant Dr Alfred Adler sont à préconiser. Ils décrivent ces complexes et le sens qu'on donne au monde pour trouver sa place (ou pas).
Les personnes véritablement brillantes, douées et accomplies ne prônent jamais qu'elles sont surdouées.
Mais il est vrai qu'il existe des HPI en échec. Ceci dit, rien n'indique qu'ils constituent une partie significative parmi les personnes dites HPI.
À la fin, ce qui compte, c'est d'être bien dans sa peau, dans le consentement de ce qu'on est. Si l'on s'aime bien, alors on aime bien les autres. Cela ne veut pas dire qu'on ne choisit pas ses amis, au contraire, mais il s'agit de l'expression d'une souplesse et d'une sympathie.
Ces phrases qui commencent par "je suis.... ceci ou cela" sont souvent de l'ordre de la vanité.
Cependant il existe des profils intellectuels, des sensibilités. C'est un fait. Le regard sur la vie peut être très différent d'une personne à une autre. C'est donc une joie quand les personnes qui se ressemblent se retrouvent et ne se sentent plus seules.
(Credit: 3Dsculptor/Shutterstock)
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